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Sénégal - La note très salée du Festival mondial des arts nègres

Image Jugé comme une énième lubie du président sénégalais Abdoulaye Wade, le troisième Festival mondial des arts nègres (Fesman) qui s’est tenu en décembre dernier à Dakar a miné le budget de l’Etat et dépouillé des artistes invités.

Ce qui devait être le «rendez-vous du monde nègre et de sa diaspora en rassemblant ce qu’il faisait de mieux en matière de culture», selon la vision du président sénégalais, s’est révélé une escroquerie. Le site d'information Rue89 est largement revenu sur les ratés et les impairs de ce festival.

Le journal sénégalais Le Quotidien, qui affirme avoir eu accès aux documents comptables du festival, révèle que 74 millions d’euros ont été engloutis durant les festivités qui ont duré trois semaines. Il indique que son déficit global s’élève à 35 millions d’euros.

Trois mois après la tenue du festival, la dette du Fesman a fait l’objet d’une «loi de finance rectificative» du budget annuel de l’Etat. Une loi qui sera adoptée sur insistance de Norbert Funke, membre d’une mission du FMI au Sénégal, renseigne le site parisien.

Pour étayer son analyse, Rue89 reprend des passages d’une interview de l’ancien ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Christophe Rufin, accordée à Slate Afrique, dans lequel l’écrivain français avait qualifié le Fesman de «gadget de prestige».

«Hélas, il y a aussi une tendance lourde chez le président Wade à faire des dépenses somptuaires, totalement déconnectées des besoins du pays», soulignait M.Rufin.

Et de poursuivre, «il multiplie les voyages présidentiels, affiche une frénésie de médiations, sans parler des gadgets de prestige, comme le Festival mondial des arts nègres», s’indignait-il dans les colonnes de Slate Afrique.

Les artistes qui ont été interrogés par Rue89 révèlent également des scandales sur fond d’escroquerie.

William Wilson, artiste franco-togolais, estime qu'ils ont tout simplement été «entraînés dans un piège». «Ça a été un véritable chaos», résume William Wilson qui exposait dix-huit tentures au Fesman, aux côtés de 140 autres plasticiens. A l'en croire, la seule chose remarquable lors de ce rendez-vous fut la présence de Kadhafi, ironise-t-il.

Plusieurs mois après le Fesman, un article du Financial Times médiatise le scandale du festival. N'ayant jamais été payée, la société LP Art, chargée du transport et du stockage des oeuvres au Fesman, a décidé de garder en otage les dites oeuvres pour accentuer la pression, au grand dam des artistes invités. 

Sindiély Wade, fille du président Wade, est au coeur du scandale en tant que coordinatrice générale adjointe de l’évènement. Elle s'est rendue au siège de LP Art. Ironie de l’histoire, elle en est repartie avec 78 pages de factures, qui ne sont toujours pas réglées, pour un montant total de 709.000 euros dont 39.000 euros «pour les frais de stockage» des œuvres d’art.

Lu sur Rue89

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