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Le Temps de la République

Près de 2.477 milliards de francs détournés de Mars 2000 à février 2007

ImageDans un rapport rendu public hier par la section sénégalaise de l’Ong Aid Transparence, près de 2.477 milliards de francs auraient été détournés en sept ans dans la période comprise entre Mars 2000 et février 2007. Une estimation qui a été faite, souligne-t-on dans le document, sur la base du dépouillement des éditions journalières de trois quotidiens privés du paysage médiatique national que sont Wal Fadjri, Sud Quotidien et Le Quotidien.

Ce montant global représente les sommes litigieuses présumées détournées des caisses de l’Etat ou susceptibles de participer du gaspillage des deniers publics et du caractère dispendieux du train de vie de l’Etat. Le document précise que cette somme représente «environ 1,5 fois l'équivalent actuel du budget national ! Encore qu'on puisse argumenter que ce n'est là que la partie visible de l'iceberg », indique-t-on dans le rapport. Tout en précisant que « le pillage du patrimoine foncier (qui est tout à fait considérable selon le rapport), ainsi que celui du patrimoine bâti de l’Etat n’a pas été pris en compte par manque de temps», le document souligne que «c’est donc une estimation tout à fait conservatoire de la somme agrégée de tous ces cas de détournements relatés par la presse qui est offerte au lecteur.» Dans ledit rapport, il est indiqué que «le phénomène du gaspillage des deniers publics, des détournements de biens publics, d’appropriation illégale et indue du patrimoine foncier et bâti de la nation et du train de vie outrancier de l’Etat dans un pays considéré comme l’un des 20 pays les plus pauvres du monde n’est pas nouveau au Sénégal .»

Mais que « sous le régime de l’Alternance, il connaît cependant une brusque accélération tant du point de vue de son ampleur que de l’étendue des secteurs touchés. » Concernant les sources de dysfonctionnements dans la gestion des biens publics, il est établi dans le rapport qu’elles proviennent surtout de la gestion des sociétés nationales et de l’agenciation de la gouvernance des projets et des programmes dont un nombre grandissant, en tout cas important, est pris en charge directement par le chef de l’Etat.

Ces agences étant dotées de l’autonomie financière échappent au contrôle du Trésor public, des ministères des finances et du budget à qui incombe la charge de la gestion des finances publiques en dehors des contrôles a posteriori effectués par la Cour des comptes. Dans le menu détail, le rapport révèle que “les tensions occasionnées par la gestion des sociétés nationales s’élèvent au total à 726 milliards de francs Cfa .»

Quant aux « cas relatant l’implication de la Présidence de la République dans des affaires contestées », par l’opposition, les syndicats et relatées par la presse, le document souligne qu’ils s’élèvent au total à 14 milliards de francs Cfa. Une estimation que le rapport qualifie « d’extrêmement conservatoire si l’on tient compte de la contestation bruyante sur la gestion des chantiers de l’ANOCI (coût total environ 200 milliards), la réfection de l’avion présidentiel, les voyages présidentiels (de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards en prenant en compte les frais occasionnés par les dépenses en kérosène de l’avion présidentiel qui atteignent régulièrement au-delà d’1 milliard par an selon des sources concordantes »).

Autre révélation contenue dans le rapport, « les cas relatant l’implication de la Présidence de la République dans des affaires contestées par l’opposition, les syndicats et relatées par la presse s’élèvent au total à 14 milliards de francs Cfa .» Une estimation qualifiée de « très conservatoire » compte tenu de la contestation bruyante sur la gestion des chantiers de l’ANOCI (coût total environ 200 milliards), la réfection de l’avion présidentiel, les voyages présidentiels (de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards en prenant en compte les frais occasionnés par les dépenses en kérosène de l’avion présidentiel qui atteignent régulièrement au-delà d’1 milliard par an selon des sources concordantes).

Pour ce qui est des chantiers directement supervisés par le président de la République, le rapport révèle que « le montant agrégé relaté par la presse s’élève à 328,7 milliards de francs » Et de déplorer que : « Aucune action d’audit et de contrôle n’a encore été exercée sur ces sommes considérables. » En outre, le document ajoute que les gaspillages de deniers publics s’élèvent à 772,3 milliards de francs. Et que si l’on ajoute à ces gaspillages ceux occasionnés par les détournements imputés à des ministères ou à des démembrements gouvernementaux (soit 67,6 milliards), on obtient la somme consolidée de 839,9 milliards.

Quant aux détournements de deniers publics relevant de la gestion des fonds politiques et relatés par les journaux dépouillés, le rapport révèle qu’ils s’élèvent à 9 milliards. Un total, signale-t-on, qui ne comprend pas l’accusation publique pourtant majeure, portée par M. Idrissa Seck lui-même contre le Président Wade et qui estimait il y a seulement quelques mois, que le chef de l’Etat lui avait confié la gestion de « plusieurs dizaines de milliards en fonds politiques », selon ses propres termes.

L'observateur

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