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Le Temps de la République

HUMEURS

A propos du nouveau gouvernement du Sénégal, de Mimi Touré et des autres…

senegal peupleDes craintes non confirmées

Nous nourrissions au début quelques craintes à l’annonce du remaniement et du départ d’Abdoul Mbaye remplacé par Mimi Touré un Dimanche matin, sans crier gare.

 Nous nous disions que les lobbies qui œuvraient dans l’ombre contre le PM avaient atteint leur objectif et réussi à mettre à terre Abdoul. C’est peut-être vrai mais nous ne connaissons pas en définitive les raisons du départ de Abdoul Mbaye et toute explication tendant à le lier à l’affaire Habré serait mal venue et très osée car l’affaire Habré n’a pas encore été appelée ni jugée par le Tribunal spécialement mis en place. On ne peut condamner de soi-disant complices qui n’ont même pas encore été entendus. Macky Sall n’est pas du genre à agir de la sorte.

Nous nourrissions quelque craintes légitimes avant la publication de la liste officielle des Ministres d'abord, parce que Mimi Touré était en train de faire du bon boulot à son poste. Il aurait été peut-être préférable de la laisser mener à bien sa mission…

Ensuite, cette nomination s'apparentait à première vue à un choix plus politique que pragmatique. Autrement dit, la nomination d'une militante de l'APR semblait signifier que Macky voulait recentrer le gouvernement autour de son parti

Nous pensions que ce pouvait être un très mauvais signal donné au peuple. Ce serait "Le Parti avant la Patrie" car cette dernière a besoin dans la situation actuelle du pays non d'un recentrage politique mais qu'on mette "the right man at the right place" c'est-à-dire, les hommes (femmes) qu'il faut à la place qu'il faut, quelle que soit leur couleur politique dans la limite du peuple du 23 juin toutefois (ce qui exclut bien entendu les fossoyeurs de la République).

Dans ce cadre, nous continuons de penser qu’un choix meilleur aurait été par exemple celui de Mamadou Lamine Loum parce que nous avons besoin d'un gouvernement formé de personnalités compétentes, techniciennes, rompues aux dossiers et aux arcanes de l’État et non de politiciens querelleurs de métier.

En effet, dans l'histoire récente du pays, ce ne sont pas les politiciens qui ont été les meilleurs gestionnaires de l'économie.

Mais la composition finale du gouvernement nous a poussé à mettre de l’eau dans notre « Bissap » car le choix de personnalités compétentes et parfois « indépendantes » dans les secteurs aussi importants que sont la Régulation (Mes Oumar Youm et Sidiki Kaba), les affaires économiques (Makhtar Cissé et Amadou Ba), l’énergie (Maimouna Ndoye Seck) et l’agriculture (Pape Abdoulaye Seck) peut être source d’espoirs.

Et peut-on vraiment reprocher à Macky de construire un gouvernement politique autour de son parti même si les finalités économiques et sociales doivent primer sur tout le reste ?

Certes peut-on nous rétorquer qu’un Etat ou un parti a toujours ses raisons mais la raison de l'intérêt général et républicain doit l'emporter sur toutes les autres et Macky Sall sera jugé aux résultats. Il n'a pas droit à l'erreur. Il a intérêt à s'entourer de personnalités capables de remettre le pays sur de bons rails et satisfaire les demandes criantes des populations.

Mais en définitive, l’espoir est permis et ce gouvernement part avec un préjugé favorable selon nous car les postes clés semblent aux mains d'hommes et de femmes d'expérience et de compétence. Macky semble avoir réussi un exercice difficile d’alchimie entre le « Parti » et la « Patrie », entre des hommes et femmes qui l’ont aidé à arriver au sommet et la nécessité de confier des postes essentiels à des technocrates qui ont fait leurs preuves.

Laissons les donc travailler, soyons patients et que chacun se mette au travail sans se faire trop d'illusions car il n’y aura pas de miracles. La situation est bien trop compliquée pour qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse, en quelques mois, "remettre à l'endroit ce que Wade a mis à l'envers" durant 12 années… même si des améliorations dans le fonctionnement de l’Etat devront se faire.

 Les entorses à l’orthodoxie gouvernementale et à la communication

Assurément, il y a un problème de communication dans l'équipe du PR et ce n'est pas l'arrivée de Souleymane Jules Diop dans la fonction qui a arrangé les choses.

Pourquoi ?

Parce que par exemple, une communicante du Cabinet du Président de la République Conseiller Technique, Responsable audiovisuel au Pôle Communication, veille et stratégie s’est empressée d’envoyer à la presse le CV du Dr Papa Abdoulaye Seck qui venait juste d’être consulté par Mimi Touré. "A toute fin utile" était la phrase accompagnant son email... Elle a sans doute agi sur ordres mais quand même !

Ne fallait-il pas attendre la publication officielle de la liste des nommés pour envoyer des CV ? N'y avait-il pas confusion entre vitesse et précipitation ? Est ce qu'il appartient à un communiquant logé à la Présidence d'informer sur les CV des nominés à la place des services du 1er Ministre ? Est-ce à dire que ladite personne connaissait la liste des prochains Ministres ?

Bref autant de questions qui nous font douter du sens de l’orthodoxie et du professionnalisme de certains conseillers en communication logés à la Présidence dont on peut souligner à longueur de communiqués et d’emails les fautes de français qui feraient tressaillir Senghor dans sa tombe. Trop de communication tue la communication ! Macky devrait peut-être aussi remanier son équipe de comm pendant qu'il y est !

Et il n y a pas qu’à la Présidence que des couacs ont été notés car, quelques heures après, au moment où les consultations battaient leur plein et que des supputations sur le départ de Amadou Kane se faisaient, la Cellule de communication du MEF communiquait à son tour en envoyant à la presse une invitation à une rencontre présidée par le MEF Amadou Kane himself le 3 septembre (donc le lendemain) alors que les membres du gouvernement étaient censés observer une "pause" en attendant de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés :

"Le Ministère de l’Economie et des Finances vous invite à prendre part à la rencontre avec le secteur privé qui se tiendra sous la présidence de Monsieur Amadou KANE, Ministre de l’Economie et des Finances le mardi 03 septembre 2013 à partir 09 heures à l’hôtel King Fahd Palace sis aux Almadies à Dakar. Les thèmes retenus pour cette rencontre portent sur..."

Tels étaient les termes du communiqué reçu le jour même des consultations de Mimi Touré. Etait-ce une manière de conjurer le mauvais sort ou de forcer la main à la nouvelle 1ère Ministre. En tout cas cela n’aurait pas servi à grand-chose puisque le banquier (comme l’appelle Idrissa Seck) n’a pas été reconduit.

Décidément le Sénégal a bien changé depuis Senghor, adepte de l’organisation et de la méthode.

La nomination d’Abdou Aziz Tall, spécialiste de l’organisation publique, comme Directeur de cabinet du Président fera peut-être bouger les choses dans le bons sens.

Le cas SIDIKI KABA

Un Ministre, ça travaille, ça fait ce que le chef du gouvernement lui dit de faire et ça ferme sa gueule ou ça démissionne sommes-nous tentés de dire en paraphrasant quelqu’un.

Nous osons espérer que Me Sidiki Kaba, pour avocat des droits de l'homme en passant par avocat de Bibo Bourgi complice de Karim Wade, qu'il a été, vissera bien sur sa tête sa nouvelle casquette de Ministre de la Justice garde des sceaux (pour ne pas dire garde des « pots de confiture » de l'Etat) et poursuivra le chemin tracé par Mimi Touré qui, en 18 mois, a abattu un excellent boulot en réformant notamment le code de la nationalité, en coffrant le plus grand bandit à col blanc que le Sénégal ait connu, en initiant la réforme de la Justice, en s'opposant à la tentative inqualifiable des magistrats de vouloir se faire des fonds communs sur les sommes consignées par eux dans l'exercice de leurs fonctions (inacceptable) et en se conformant à la volonté populaire de faire rendre gorge ceux qui ont détourné l'argent du contribuable.

Me Sidiki devra continuer le job de Mimi ou retourner à sa fonction première et laisser la place à un autre plus soucieux de l'intérêt général que des intérêts particuliers surtout s'il s'agit de fossoyeurs de la République.

Gageons que Mimi a dû, avant de lui proposer le poste, lui mettre les points sur les "i" à Sidiki !

 Des opposants qui devraient se taire…

Comme à l’accoutumée, les anciens dignitaires du régime de Wade ne se sont pas privés de ruer dans les médias pour critiquer la nouvelle équipe en oubliant que le Sénégal n’a jamais été aussi mal gouverné que sous Wade avec ses remaniements intempestifs, irréfléchis et parfois loufoques ayant porté à des responsabilités inimaginables sous Senghor ou Diouf des va-nu-pieds sans aucune compétence ou expérience. Il faut que les libéraux arrêtent de nous abreuver de déclarations du genre "Macky Sall n'a pas de vision".

On peut leur rétorquer que la seule vision qu'ils avaient, eux, durant 12 ans était de se remplir plein les poches avec l'argent du contribuable et les terres du domaine national dans un partage de Bouky-l'hyène.

Et qu'ils arrêtent aussi de nous parler des grands travaux de Wade qui ne résultaient nullement d’une vision de grand bâtisseur mais de grand bandit car s'il ne s'agissait pas de poursuivre les projets du PAMU initié par les socialistes, il était question pour les Wade de faire main basse sur le Sénégal avec des procédés de surfacturation et d’ententes illicites dignes des grandes mafias internationales et néocoloniales.

Si ériger une statue « megalomaniaque » dans les conditions scandaleuses que l'on sait, à un endroit où il aurait été plus utile d’implanter des éoliennes, c'est avoir une vision, nous préférons être dirigés par un aveugle...

En conclusion résumé, le nouveau gouvernement du Sénégal, 2ème sous l’ère Macky Sall, a donc été mis en place ce 2 septembre 2013. Nous nous devons de féliciter le Président et son 1er Ministre et accorder un préjugé favorable à ce nouvel attelage qui semble être un mélange judicieux de "Parti" et de "Patrie".

L'entrée de serviteurs expérimentés rompus aux arcanes de l'Etat est à saluer. Certains parmi eux (dont Amadou Ba, Makhtar Cissé et Abdou Aziz Tall à la Présidence) sont de dignes fils du pays qu’ils connaissent bien et ils connaissent très bien les problèmes vécus par les populations car étant eux-mêmes du terroir. Ils ont l’obligation d’améliorer le sort de leurs compatriotes s’ils veulent y marcher la tête haute.

Mouvement pour le Socialisme et la République - MSR

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