Socialisme République Sénégal

Le Temps de la République

Le choix responsable (Ndiengoudy Ibrahima Sall)

carte electeur_senegalJamais une démocratie n’a si mal porté son nom. Jamais une République n’a été moins publique. Désormais, l’espoir est dans l’audace. L’audace du sursaut et de la rupture. Qu’on ne s’y trompe pas. Accabler de tous les maux un octogénaire qui ne jouit plus de toutes ses facultés physiques et intellectuelles est une insulte à notre conscience politique. Les sénégalais, sans distinction aucune, ont conscience que l’état de la nation est imputable à un système cancéreux et sclérosé à la tête duquel trône un otage. Les excroissances « dissidentes » du PDS – REWMI et APR- ont précipité l’ensemble de la classe politique, avec ce cynisme qui leur est propre, dans un débat stérile sur une prétendue dévolution consanguine en gestation. Une entreprise de diversion comme pour se dédouaner du bilan comptable de l’alternance.

Force est de constater que l’amnésie collective escomptée ne sera pas au rendez vous. De la candidature illégitime de Wade à celle discréditée d’Idy en passant par la candidature de posture de Macky, la « troïka libérale » s’est immolée sur l’autel de la mauvaise foi politique. Le droit à l’erreur est interdit. Il ne sera donc pas question de substituer à une équipe de politicards une équipe de politiciens. Dès les premières heures, restaurer l’Etat dans toute sa plénitude devra être une priorité. Il faudra donner des signaux crédibles pour montrer que notre pays a retrouvé les chemins de la rigueur. Rigueur dans le choix des hommes, dans celui des priorités, dans l’organisation des contre pouvoir, des institutions et dans l’exécution des missions de services publiques. L’urgence et l’ampleur des taches qui attendront le gouvernement post-alternance exigent un pré-requis : une expérience gouvernementale sans égale. Il faudra des hommes compétents, rompus au processus de décisions publiques et sensibles à tous les risques susceptibles de fragiliser une nation. Ces hommes devront bénéficier de l’estime populaire et de la reconnaissance internationale pour porter haut l’étendard du Sénégal ; étendard mis en berne par une décennie d’errements diplomatiques   d’un régime dont l’incompétence restera la marque distinctive. Malgré la cacophonie pré-électorale et son cortège de formations politiques plus ou moins honorables, il en est une qui répond à ces exigences. Car tout le monde le sait, durant ces heures critiques, le Sénégal a moins besoin de leçons que d’exemples, de discours que d’actes sensés. C’est bien dans l’action que réside la noblesse de l’engagement politique. Ainsi, la singularité du Parti Socialiste réside dans son exemplarité actionnelle, son opposition permanente et son expérience de gouvernement sans commune mesure. Les récents détenus d’opinion que sont Diaz et Seck paient au prix fort cette rigueur. Comme pour expier un crime de lèse majesté, le PS subit au quotidien les assauts d’un pouvoir léonin qui se fait de plus en plus menaçant. Cette rigueur dans l’exemplarité fait de l’engagement une continuité morale. Contrairement aux oppositions de circonstances, cette opposition permanente donne au candidat socialiste une crédibilité qui ne souffre d’aucunes contestations. Le PS a manifestement pris le parti de la constance et de la défense des intérêts populaires. Dès lors, la sempiternelle objection des quarante années de gestion est non seulement irrecevable mais surtout impertinente. Qu’on le veuille ou non, il s’agit de 40 ans de paix et d’utilisation rigoureuse des deniers publics dans un contexte de rareté des ressources. Par ailleurs, la sanction électorale du 19 mars a paradoxalement permis aux socialistes d’initier un nouveau départ avec l’obligation de se soumettre à une cure de désintoxication. Un détour au purgatoire qui a permis de se départir des socialistes de circonstance, aujourd’hui dans les rangs de la majorité présidentielle. C’est dire donc que tout au long de ses 12 ans d’opposition républicaine, l’ensemble du parti s’est livré à un lucide travail d’autocritique complété par des réformes profondes de son appareil et de son programme politique. Jeune socialiste, je ne ferai pas acte de contrition car être socialiste c’est avant tout adhérer à un projet sociétal et partager des valeurs communes. Toutes les formations politiques ne peuvent pas en dire autant. Il n’est donc pas question de se renier mais d’assumer. Et assumer c’est continuer la promotion de nos valeurs pluriséculaires afin de les transmettre aux générations futures. L’époque de l’autoflagelation et de la tyrannie de la pénitence est révolue. L’heure est à la refondation nationale. Le choix responsable c’est le choix de la rupture et de la refondation. Le choix responsable c’est le choix de la constance et de la rigueur. Le choix responsable c’est le choix de l’expérience et de l’exemplarité. Le choix responsable, c’est le choix d’une coalition qui considère l’exercice politique comme un sacerdoce et non comme une sinécure. Le choix responsable c’est le choix du PS et des ses alliés. Ndiengoudy Ibrahima Sall

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